
L’agriculture émet, mais séquestre aussi du carbone grâce à des pratiques régénératives. En traçant les intrants, l’énergie, l’eau, les pertes et les nutriments, on distingue les systèmes qui restaurent des sols de ceux qui les fatiguent. Connecter ces données au suivi macroéconomique valorise les filières bas‑carbone, aide les intermédiaires à récompenser les pratiques vertueuses et permet aux consommateurs de choisir sans craindre le greenwashing, car les chiffres deviennent comparables et vérifiables.

Les moyennes nationales masquent des leaders sobres et des retardataires. En segmentant par procédés, technologies et régions, on identifie les leviers les plus efficaces: électrification, chaleur renouvelable, efficacité, substitution de matériaux, captage du carbone là où pertinent. Reliés au cadre budgétaire, ces indicateurs priorisent les dépenses publiques, orientent la commande vers l’innovation et incitent les banques à lier le coût du capital à la performance climatique prouvée, plutôt qu’aux promesses.

Un bon indicateur synthétique donne une direction sans masquer les détails critiques. En pondérant carbone, ressources et pollution selon la science et la concertation, on évite les effets pervers. Relié à des tableaux de bord détaillés, il permet aux décideurs d’arbitrer rapidement, tout en laissant aux experts la granularité nécessaire. Cette articulation favorise l’appropriation publique, la pédagogie et la cohérence inter‑ministérielle indispensable à la transformation.